Les ombres de la cité 

Mirapolis, tome 1

Hélène Montardre

Magnard, 2014

Un objet était posé sur la tablette.

Un objet comme il n'en avait jamais vu.

Le souffle court, il l'observa quelques instants.

L'objet avait une forme rectangulaire. Il était vert sombre. Une bordure dorée en faisait le tour. Le centre était orné d'un signe curieux : deux barres qui se rejoignaient à leur base. Anguéo était fasciné. Qu'est ce que ça pouvait bien être ? A quoi cela servait-il ?

A Mirapolis, la ville est séparée en deux. Il y a la ville d’en haut où vivent les privilégiés et la ville d’en bas où vivent les travailleurs. Les deux populations ne se fréquentent pas et ne se rencontrent jamais.


Dans la ville d’en bas, on travaille mais on ne manque de rien. Chacun reçoit tout ce dont il a besoin, à la compagne qui lui convient et disparaît un jour sans que personne n’y trouve rien à redire. Dans la ville d’en bas, on n’apprend pas à lire, tout les messages sont transmis par haut-parleur. On ne rêve pas non plus.


Angus vit dans la ville basse. Un jour, il trouve un couloir interdit ouvert et s’y aventure. Il s’y engouffre et découvre un objet qu’il ne connait pas. Sa trouvaille va attirer sur lui l’attention de Nakat, bibliothécaire de la ville d’en haut qui se rend compte qu’Angus a échappé au conditionnement que tout reçoivent et qui entreprend de lui apprendre à lire. Mais cela attire aussi sur lui l’attention des dirigeants de la ville d’en haut…



Un roman de SF sous forme de  dystopie traditionnelle : une ville séparée en deux avec des privilégiés et des travailleurs, une vie où tout est organisé pour le bien être commun et où les individus sont privés de leur libre arbitre, un petit groupe d’adolescent qui échappe au conditionnement et remet tout en cas. Tout est là.


Mais il y a aussi beaucoup d’originalité dans les détails et surtout dans la construction du roman. Les choses se mettent en place peu à peu. Certains chapitres montrent la progression d’Angus, d’autres celles des quelques adolescents de la ville haute qui ont conservé leur faculté de penser et de remettre en cause l’ordre établi. On comprend peu à peu comment Mirapolis a été créé, d’où vient le bibliothécaire.


J’ai bien sûr été touchée par l’idée que c’est par l’apprentissage de la lecture que le héros apprend à réfléchir, à tout remettre en cause et que ses rêves reprennent. Mais je dois avouer que j’ai trouvé certains chapitres sur les histoires que Nakat invente pour expliquer les choses à Angus un peu longue.


Ce premier tome pose bien les choses et il est prometteur. J’attends avec impatience la suite en espérant un peu plus d’action.


Proposé par Virginie

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